1975, le Sahara et les enclaves espagnoles

En 1975, quelques mois avant de lancer la Marche Verte, Hassan II s’engage sur un deuxième front : le retrait de l’Espagne de Sebta, Melilia, les Iles Chafarines et du Rocher de Badis.

Le 6 juillet 1963, Hassan II rencontre le général Franco, chef de l’Etat espagnol, à l’aéroport de Barajas (Madrid) pour une entrevue. Alors que les deux leaders discutent de la destinée du Sahara, le souverain marocain déclare : « Le Sahara c’est notre problème. Sebta et Melilia, ce n’est pas un combat pour ma génération ». Et pourtant, juste avant la Marche Verte, le royaume n’a pas hésité à se saisir aussi du dossier (délicat) des « enclaves». Beaucoup l’ont oublié mais, le 7 octobre 1974, le représentant du Maroc auprès des Nations Unies a exigé l’ouverture de négociations avec l’Espagne, arguant que celle-ci demandait la même chose aux Britanniques à propos de Gibraltar. à ce propos, le volume 7 de «Mémoires du patrimoine marocain» nous apprend qu’un mémorandum a même été adressé, le 27 janvier 1975, au comité spécial de décolonisation des Nations Unies pour libérer Sebta, Melilia, les Îles Chafarines, les Îles Alhucemas et le Rocher de Badis, et expliquant que « seules subsistent sur la côte afro-méditerranéenne ces colonies dont la superficie ne dépasse pas 32 km2, les derniers vestiges de l’occupation (…). Le Maroc n’a jamais cessé le long de son histoire d’exiger la récupération de ces zones se trouvant sur son sol de manière à atteindre l’unité territoriale». L’Espagne a cependant refusé d’ouvrir le dialogue, ce à quoi Hassan II a répondu, lors d’une conférence de presse tenue le 25 novembre 1975: « Je suppose qu’un jour, à l’avenir, la Grande-Bretagne devra logiquement rendre Gibraltar à l’Espagne, tout comme l’Espagne devra nous rendre Sebta et Melilia. Sauf qu’il n’y a pas de négociations ni de pressions. La politique marocaine ne repose pas sur les pressions mais sur le dialogue et l’amitié ».  Un vœu resté lettre morte, puisque même l’ONU n’a jamais reconnu les villes et enclaves occupées par l’Espagne comme des « régions occupées à libérer ».

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