La Menara a servi de bassin d’entraînement pour les soldats

Au Moyen-âge, la traversée de la Méditerranée n’est pas une simple formalité. D’autant que la très grande majorité des troupes engagées dans les guerres d’Al Andalus sont des guerriers de tribus amazighes peu habitués aux manœuvres maritimes. Près de quatre siècles après l’épopée de Tarik Ibn Zyad, le pouvoir almohade entend bien garder sa mainmise sur le territoire le plus enchanteur du monde musulman. Face aux conflits entre Taïfas et la menace chrétienne persistante, les maîtres de Marrakech multiplient les expéditions militaires afin d’asseoir leur autorité. Le bassin de la Menara, construit sous le règne du sultan Abdelmoumen (1147-1163), n’est pas simplement une merveille architecturale et le principal réservoir d’eau de la capitale almohade. Selon les récits et les descriptions de l’époque, l’immense bassin, qui s’étale sur 200 mètres de long et 150 de large, a également servi comme lieu d’entraînement pour la natation. Cette pratique, indispensable dans la formation militaire, va être reproduite à Meknès, quelques siècles plus tard sous le règne fastueux de Moulay Ismaïl (1672-1727). Dans sa nouvelle capitale, le sultan alaouite reproduit en effet le même concept à travers le bassin Swani, tout aussi impressionnant que celui de Marrakech.

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