Anoual, au-delà du mythe

L’Espagne n’est plus que l’ombre d’elle-même en ce début de XXème siècle. Le Maroc est en cours de dépeçage par les puissances coloniales. Mais il y a le Rif et ses tribus, que l’histoire espagnole n’oubliera pas.

Pour les Marocains, la bataille d’Anoual est une fierté. Et tout un symbole. Selon l’histoire telle qu’on la perçoit au Maroc, en juillet 1921, les harkas rifaines commandées par Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi ont asséné, au lieu dit Anoual, dans le Rif, un coup fatal à une armée espagnole forte de plusieurs milliers d’hommes, la détruisant quasi complètement et provoquant la mort, ou le suicide – en tout cas la disparition, son corps n’ayant jamais été retrouvé- de son chef, le général Silvestre. Cette victoire a provoqué une vague de sympathie dans le monde et stimulé l’orgueil national d’un pays colonisé, divisé en plusieurs zones d’influence étrangère (française, espagnole et internationale à Tanger), et humilié par des défaites à répétition face aux occupants étrangers.

Une débâcle après l’autre
En effet, le XIXème siècle a été un long répertoire de débâcles militaires pour le Maroc. L’écrasement de l’armée marocaine à la bataille d’Isly en 1844 face aux Français, la reddition de la mehalla de Moulay Abbas aux Espagnols lors de la Guerre d’Afrique (1859-1860), et les déroutes diplomatiques successives face aux oukases européens ont été le pain quotidien du Makhzen.

Par Adnan Sebti
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 81-82 actuellement en kiosque

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