Le ‘ar, selon Westermarck

Depuis sa Finlande natale, il a pointé sa boussole sur le grand sud, très loin du confort douillet de son foyer et des siens. C’est au Maroc qu’il a décidé de s’installer. Venu y parachever une étude sociologique, il y passera une bonne partie de sa vie.

Edward Westermarck (1862-1939), anthropologue finlandais, était l’un des rares chercheurs qui sont arrivés au Maroc à la fin du XIXe siècle sans faire partie du bagage scientifique du conquérant. Les ethnologues et sociologues français et anglais ont produit une masse colossale de recherches sur les sociétés dites primitives ou indigènes, mais ces recherches n’étaient pas innocentes, car leur objectif était de baliser la route pour les troupes coloniales.
Westermarck ne partage pas les concepts et les préjugés du savant colonial et n’hésite pas à le faire savoir. Dans ses écrits, il ne parle pas de peuples barbares, ni de primitifs ou d’aborigènes. Pour lui, la société marocaine, à son arrivée, était l’image de la société européenne comme elle existait au Moyen-âge. Mais la culture marocaine n’était pas plus primitive que les cultures d’Europe. Ce qui explique qu’il ait succombé à son charme dès qu’il avait mis les pieds dans le royaume. Une fois installé, il ne s’est jamais senti comme étranger. Aristocrate, citoyen du monde, Westermarck disait qu’il se sentait chez lui aussi bien à Helsinki qu’à Londres ou à Tanger.
Westermarck arrive au Maroc en 1898 dans le cadre d’un projet d’études qui devait le mener dans d’autres pays arabes, tellement il était fasciné par l’Orient. Mais il ne quittera plus le Maroc. Westermarck est tout simplement subjugué par la société marocaine, à laquelle il va consacrer plus de quarante années de sa vie, installé entre la tribu Anjra et Tanger, qui a captivé tant d’Occidentaux avant et après lui. Il apprend l’Arabe ainsi que plusieurs dialectes amazighs, outils indispensables pour percer les mystères de la société marocaine. Et comme tout anthropologue qui débarque sur un sol étranger, il fait la connaissance d’un certain Abdeslam Al Baqqali, qui deviendra son informateur, ami et assistant pendant toute sa présence au Maroc.

Par Mohamed El Mansour
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 64 actuellement en kiosque

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *