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David Stenner : « La politique des États-Unis envers le Maroc était très complexe, voire contradictoire »

Depuis la période du Protectorat, en passant par la Deuxième guerre mondiale, et jusqu’à après l’indépendance, les liens entre le Maroc et la CIA sont disséqués par David Stenner, chercheur du Center for Middle East studies, spécialisé dans l’histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Quel a été le rôle des services américains dans la marche du Maroc vers l’indépendance ?
Les contacts entre les espions américains et les élites marocaines ont commencé pendant la Seconde guerre mondiale. L’Office of Strategic Services (OSS), le prédécesseur militaire de la CIA, envoyait des dizaines d’hommes au Maroc pour contrecarrer la propagande nazie, rassembler des informations sur les ressources naturelles du pays et évaluer la situation sociale et politique afin de préparer le terrain pour le grand débarquement militaire, Operation Torch, qui aura lieu en novembre 1942. Pendant cette période, de nombreux agents développaient des relations étroites, parfois même amicales, avec des Marocains, ce qui dérangeait beaucoup les diplomates américains stationnés à Tanger. Cela est très important à comprendre : il y a bien des divergences d’opinions entre les officiels du Department of State (ministère américain des Affaires étrangères), et les militaires du Department of Defense (ministère de la Défense), qui étaient moins condescendants vis-à-vis des Nord-africains musulmans. En fait, les diplomates avaient peur de provoquer les autorités françaises.

Ces services étaient-ils en contact avec des leaders marocains de la lutte pour l’indépendance ?

A la fin de la guerre, plusieurs ex-soldats américains sont restés au Maroc, où ils ont créé des sociétés d’import-export. Les produits américains étaient très prisés par la population locale. Un de ces hommes d’affaires était Robert E. Rodes, ex-officier de l’OSS, qui était très influent pendant les années de guerre. Devenu chef de l’American Trade Association (ATA) à Casablanca en 1948, il utilisait ses relations dans les hauts milieux politiques aux Etats-Unis pour faire pression sur les autorités françaises afin de faire fructifier au maximum son business au Maroc. L’un de ses buts était de mettre fin à toutes les restrictions touchant à ses affaires et à celles de ses collègues au Maroc. Il était par exemple interdit de convertir librement le franc en dollar.

Propos recueillis par Maâti Monjib
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 76 actuellement en kiosque

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