Ils nous ont quittés en 2017

Samira Fizazi : Pluie de tristesse
La « Miss Météo » la plus célèbre du royaume nous a également quittés en 2017. Samira Fizazi, figure emblématique de la lutte contre le cancer (qui a fini par l’emporter le 19 mai dernier à 51 ans) était avant cela une figure familière pour les Marocains. Présentatrice de la météo sur la chaîne nationale depuis les années 1980, cette femme courage a, tout en émotion, réussi à mobiliser le public à la cause du cancer du sein, mal qu’elle a combattu avec panache durant cinq ans. Samira Fizazi a fait la pluie et le beau temps sur la RTM à partir du milieu des années 1980. Son souvenir chez des millions de nos concitoyens est impérissable.

Saïd Bounaïlate : Les armes à la main 
Il était l’un des derniers grands résistants marocains. Mohamed Ajjar, alias Saïd Bounaïlate, s’est paisiblement éteint le 24 octobre dernier dans une clinique casablancaise à 97 ans. Bounaïlate s’est d’abord distingué comme l’un des fondateurs et chefs les plus importants de l’Armée de Libération Nationale. Actif également dans la résistance armée à Casablanca, il se lance aux côtés des Algériens lors de leur guerre contre la France. Réprimé sous le Protectorat, il l’est à nouveau sous le règne de Hassan II, lorsqu’il devient un cadre incontournable de l’UNFP et membre actif de son bras armé. Il est condamné à mort suite à l’affaire du «complot de 1963» et livré par Franco alors qu’il s’était réfugié en Espagne. Une nouvelle condamnation l’attend lors du procès de Marrakech en juin 1971. Après les années de plomb, il est élu président du Conseil du Haut Commissariat aux Anciens Résistants. L’Histoire perd l’un de ses derniers grands témoins.

M’hammed Boucetta : Sage parmi les sages
Grande figure du Maroc contemporain, cofondateur du Parti de l’Istiqlal, M’hammed Boucetta s’est éteint le 18 février à 92 ans. Ce Marrakchi, né en 1925, a rapidement rejoint le Mouvement national marocain. À Paris, il étudie le droit à la Sorbonne avant de démarrer une carrière d’avocat à Casablanca, puis bâtonnier, et de former une myriade d’avocats istiqlaliens. Dès 1958, après l’indépendance, il occupe, et ce jusqu’en 1983, plusieurs postes de ministre, dont celui des Affaires étrangères (1977-1979). C’est surtout lui qui, en 1974 à la mort du leader Allal El Fassi, prend la tête de l’Istiqlal et y reste jusqu’en 1998. En 2000, alors que Boucetta avait fait le choix de se retirer de la vie politique, Mohammed VI fait appel à ce conservateur bon teint pour faire partie de la commission de la réforme de la Moudawana. Avec l’âge, M’hammed Boucetta, considéré comme un sage et un fin politicien, a continué à surveiller de près son parti de cœur.

Abdelhak Kadiri : Monsieur DGED 
Le général de corps d’armée Abdelhak Kadiri a rendu l’âme le 21 novembre 2017 des suites d’une longue maladie et un coma prolongé. Grosse pointure des Forces Armées Royales (FAR), le général Kadiri a fait toute sa carrière au sein de l’appareil sécuritaire marocain depuis l’indépendance du pays. Issu de l’Académie française de Saint-Cyr, Abdelhak Kadiri a gravi les échelons pour intégrer l’état-major général des FAR à la fin des années 1960. En 1983, il devient le patron de la DGED (Direction Générale des Etudes et de la Documentation) et occupe ce poste de chef des renseignements jusqu’en 2001. Un record. Dans la foulée, le général Kadiri revient au cœur de la direction militaire en devenant inspecteur général des FAR jusqu’en 2004, année où il est remplacé par le général Abdelaziz Bennani, décédé en 2015. Le roi Mohammed VI avait décoré le général Kadiri du Grand Cordon du Wissam Al Arch. Son parcours jalonne ainsi toute l’histoire sécuritaire et militaire du Maroc indépendant.

Abdelaziz Tazi : Homme d’affaires, résistant et créateur
Le président du groupe Richbond est décédé le 10 octobre à 91 ans. En plus d’être un brillant homme d’affaires, il est celui qui a introduit la mousse polyuréthane au Maroc et créé des objets cultissimes, qui accompagnent encore aujourd’hui le quotidien des Marocains. Parmi eux, la brosse Tazi, en plastique, qui a remplacé le traditionnel peigne en corne de mouton. Mais, au-delà du business, Abdelaziz Tazi était aussi un homme engagé, qui s’est installé à Casablanca à la fin des années 1940 pour rejoindre la résistance et le Parti communiste marocain. En 1965, il crée Richbond, une société florissante aujourd’hui. Ce natif de Fès, en 1926, a commencé à travailler dès l’âge de quinze ans pour subvenir aux besoins de sa famille. À travers lui, c’est un esprit engagé, volontaire et intègre qui s’en va. Mais aussi, une partie de l’histoire marocaine.

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