Le cas du caïd El Goundafi

Dans ce Maroc où le pouvoir central n’a pas les moyens de gérer le royaume, des potentats locaux ont participé à consolider l’assise des sultans. En contrepartie, ils avaient la main sur de larges territoires. Le Protectorat saura lui aussi profiter de leur pouvoir. 

Taieb El Goundafi, ou Le Goundafi, comme l’appelle la littérature coloniale, est né vers 1850. Sa tribu, Goundafa, est située dans la vallée de l’oued Nfis, au sud-ouest de Marrakech. C’est l’espace historique des tribus Masmouda. La célèbre mosquée de Tinmel se trouve au cœur de cette région émaillée de gorges profondes et de pointes imprenables. Le père de Taieb, Mohamed Naït El Hassan, issu des Aït Iraten, gouverne une partie de la région à partir de la Kasba de Tagoundaft. Enfant, Taieb apprend les rudiments du Coran et de la langue arabe auprès du fqih local, alors qu’à l’époque, très peu de gens parlent l’arabe dans cette région. Taieb ne fait pas de longues études. Il préfère le grand air et l’école buissonnière. Encore adolescent, il accompagne les combattants de sa tribu pour participer aux affrontements, notamment contre les Aït Atmane.
Dès qu’il succède à son père, Taieb élargit immensément le territoire qu’il contrôle. Au passage du siècle, il s’impose comme l’un des futurs grands caïds du sud ; cette « noblesse » de poigne si chère à Lyautey. Parmi ces grands serviteurs du Makhzen, durant la conquête coloniale, on peut citer aussi El Mtougui, El Glaoui et Aïssa Ben Omar.
Tous ces chefs traditionnels savent faire suer le burnous pour s’enrichir et mener un grand train de vie. Une sagesse locale veut que si « le sultan demande un quintal, le caïd en exige deux et le cheikh en impose trois ».

Par Maâti Monjib
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