Le Maroc a été à la pointe dans l’usage de la poudre noire

Près d’un demi-siècle avant les premières expériences en Occident, l’usage de la poudre à canon a fait son apparition sur un champ de bataille au Maroc. Les chroniques rapportent son apparition sous le règne du sultan mérinide Abou Youssouf Yacoub lors du siège de Sijilmassa en 1274. Ibn Khaldoun l’évoque dans son «Histoire Des Berbères et des dynasties musulmanes de L’Afrique Septentrionale»: « Il dressa contre elles les instruments de siège, tels que des ‘medjanik’, des ‘arrada’ et des ‘hendam’ à naphte, qui jettent du gravier de fer, lequel est lancé de la chambre du ‘hendam’, en avant du feu allumé dans du baroud, par un effet étonnant, et dont les résultats doivent être rapportés à la puissance du créateur. Un certain jour, une portion de la muraille de la ville tomba par le coup d’une pierre lancée par un medjanik et l’on donna l’assaut ». La description de l’historien fait référence à la poudre noire, inventée en Chine puis importée et perfectionnée par les Arabes au Moyen-âge. Maîtrisant l’art de la chimie, ces derniers ont pu confectionner des tubes capables de projeter des projectiles enflammés sur une cible. Au Maroc, cette technique, appliquée par la suite pour les « mokahlas » (fusils traditionnels), est restée en usage jusqu’au XIXème siècle. La poudre à canon, élaborée dans des armes en bronze, est par contre une production occidentale.

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