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Mohamed Sedki : « Chérifisme et politique sont indissociables dans l’exercice du pouvoir au Maroc »

L’historien Mohamed Sedki a passé près de 20 ans à étudier les documents d’histoire pour enquêter sur le phénomène des chorfa. Il nous livre ses principales conclusions.

Comment aborder des recherches sur la nature et l’histoire des chorfa ?
L’étude du phénomène des chorfa est un exercice complexe. Sa nature ne peut se borner uniquement à une lecture politique. L’historien qui s’intéresse à cette question doit comprendre dans sa démarche les aspects anthropologiques, sociologiques et culturels liés aux chorfa. Le socle principal qui a permis à ce phénomène de se développer est la croyance des gens en la continuité de « Ahl Al Bayt » (les proches du Prophète). Peu à peu, sous l’effet des Fatimides qui se sont installés en Ifriqiya (Tunisie actuelle) et en Egypte, une classification des descendants du Prophète s’est opérée. La plus grande distinction sépare les Hassaniyine et les Housseiniyine, considérés par le dogme chiite comme l’élite des chorfa.

Comment sont-ils apparus au Maroc ?
Dès l’avènement de l’islam sous les Idrissides à la fin du VIIIème siècle. La plupart des chorfa marocains se réclament d’ailleurs encore aujourd’hui d’Idriss Ier et IdrissII. Ils se basent sur leurs arbres généalogiques pour remonter jusqu’à leurs ancêtres, les anciens sultans idrissides. Les chefs successifs de la première dynastie musulmane du Maroc, qui figurent sur les pièces de monnaie frappées à leur effigie, ont donc bâti leur légitimité sur leur statut chérifien. Mais leur influence n’excède pas les quelques zones d’autorité qui s’exerce essentiellement sur Fès.

Propos recueillis par Sami Lakmahri
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 87

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