Municipales 2015 : Le PJD et pas seulement

Au-delà de la victoire des islamistes, les élections communales et régionales du 4 septembre ont été riches en enseignements. Zamane vous propose le récap’ en questions – réponses.

Le Maroc s’est-il coupé en deux ?
Oui, clairement. La ville a globalement voté pour le changement et la campagne a opté pour la continuité. Depuis 1963, date des premières législatives du Maroc indépendant, toutes les consultations électorales ont consacré cette dichotomie structurelle : les forces représentant l’espoir ou le changement (hier les socialistes, aujourd’hui les islamistes) s’expriment mieux en ville et les partis réputés proches de l’administration dominent la campagne. Cette image du Maroc coupé en deux a été renforcée le soir du 4 septembre. En gros, la ville a choisi le PJD et la campagne a opté pour le PAM.
Qui a gagné ?
Il faut voir les élections du 4 septembre comme un match de football. Et un match de football oppose deux équipes, sans plus. Le 4 septembre, le « match » a opposé le PJD aux autres, avec le PAM en chef de file. Le PJD a remporté ce qu’on peut appeler un succès d’estime, une victoire courte par le score mais large, grande et belle par le sens et la signification. Ni le passage par le gouvernement (qui avait notamment affaibli l’USFP par le passé), ni la « coalition » de partis ligués contre lui n’ont eu raison de lui. Après les législatives de 2011, le PJD a donc gagné les locales (une grande première dans l’histoire du parti islamiste). Un doublé très rare dans l’histoire politique du royaume. En attendant mieux ?
Qui a perdu ?
PAM, Istiqlal et RNI avaient chacun l’ambition de dominer le dernier scrutin. Ils avaient les arguments pour. Mais ils n’ont pas tout à fait atteint leur objectif. Ils ont obtenu des scores honorables mais ont perdu leur pari initial. Ils ont eu leur lot de consolation en siégeant dans les conseils des villes, et le PAM peut même se targuer de dominer les régions, grâce aux votes des grands électeurs (qui vont classiquement à l’opposé de la volonté populaire).
La gauche est l’autre perdant de ces élections, malgré la percée du PPS et le capital sympathie obtenu par le rassemblement de gauche autour du PSU. Le grand parti de gauche, l’USFP, s’est quant à lui littéralement effondré.

Par Younes Messoudi

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