Nos amis américains

Comment, après les hésitations de l’après – indépendance, le Maroc a choisi de rejoindre le bloc de l’Ouest. Et comment la CIA a joué, au moins jusqu’aux années 1980 et à la chute du Mur de Berlin, un rôle complexe, et parfois contradictoire, pour servir au mieux les intérêts des Etats-Unis au Maroc.

Au Maroc comme ailleurs, l’histoire du renseignement épouse celle des mœurs politiques. C’est une histoire cynique et logique à la fois, obéissant à des règles aussi simples et triviales que «l’ami de mon ami ne sera jamais mon ennemi» ou «on aime toujours ses deux parents même si on est libre d’avoir une préférence et de jouer continuellement l’un contre l’autre». A l’indépendance, le royaume a été, du point de vue du renseignement, placé sous la tutelle directe de la France et lointaine des Etats-Unis. Notons tout de suite que l’Espagne, qui avait bien établi un protectorat au nord du royaume, a brillé par son absence. Preuve, s’il en fallait une, que si le voisin ibérique a longtemps occupé une partie du Maroc, il ne l’a jamais réellement investi. Pour comprendre la nature des rapports du Maroc avec la CIA (et donc l’Amérique) mais aussi avec la France, il faut rappeler le contexte mondial de l’époque. Les années 1950 sont celles de la décolonisation, qui allait s’étendre jusqu’à la décennie suivante. C’est aussi la période où la guerre froide bat son plein, les deux blocs Est-Ouest se disputant la tutelle des pays nouvellement indépendants. Les Etats-Unis et l’URSS sont donc à l’affut et gardent un œil attentif sur ces nouveaux et jeunes Etats d’Afrique et d’Asie. Les deux grandes puissances sont imitées, bien entendu, par les anciens pays colonisateurs, à leur tête la France et le Royaume-Uni.

Par Karim Boukhari
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