Orwell, inspiré par le Maroc

De septembre 1938 à février 1939, George Orwell effectue un séjour à Marrakech. Il y est convié par des amis proches, soucieux de lui assurer une convalescence confortable après les graves blessures à la gorge qu’il a subies lors de la guerre civile espagnole. Sur place, l’auteur est à la fois fasciné par les sublimes paysages de la région et révulsé par la réalité sociale de la ville ocre. Il ne supporte pas le traitement raciste réservé aux Marocains de couleur noire et aux femmes, l’antisémitisme larvé des musulmans aggravé par la propagande des nazis et, plus que tout, la maltraitance infligée aux animaux, notamment les ânes. Orwell est également effrayé par la «hogra», ce système où chacun dispose d’un pouvoir de nuisance et d’humiliation sur plus faible que soi. En 1939, il écrit d’abord une nouvelle tirée de son expérience marocaine, sobrement intitulée Marrakech, qui traite du système de castes (colons blancs, musulmans, noirs, juifs), de la pauvreté et du sort réservé aux bêtes. Une sorte de nouvelle introductive en somme à deux œuvres majeures de George Orwell : La ferme des animaux, publié en 1945, un roman allégorique dans lequel les animaux se révoltent contre les hommes et leur brutalité, puis le best-seller 1984 publié en 1949, un roman d’anticipation sur un régime policier et totalitaire, où tout le monde surveille tout le monde.

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