Satanistes, vraiment ?

Le 16 février 2003, une bande de jeunes musiciens est arrêtée par la police. Au fil des jours, « l’affaire des 14 » prend une ampleur inattendue. Accusés de pratiques satanistes, les jeunes feront un passage par la case prison, le temps que la justice reprenne ses esprits. 

Que savez-vous de Satan ? Pourquoi n’écoutez-vous pas Fatna Bent Lhoussine? Pourquoi portez-vous des T-shirts noirs ? Pourquoi des T-shirts noirs avec des motifs rouges ? Pourquoi en posséder cinq quand un seul suffirait?… Ces questions en cascade sont posées aux accusés, le plus sérieusement du monde, lors du procès dit des «14 » qui défraie la chronique marocaine au début de l’année 2003. Dans un Maroc nouveau, avide de tourner petit à petit la page des chapitres liberticides de son histoire, une partie de la jeunesse se heurte violemment à un conservatisme toujours influent. Cette frange de la société s’alarme des apparentes «dérives» de cette jeunesse, insouciante et curieuse du monde qui l’entoure, ne cherche qu’à s’ouvrir à d’autres cultures. Celle du heavy metal, genre musical typiquement occidental, à l’époque mal connu au Maroc, tout en adoptant des sonorités plus lourdes et un rythme plus frénétique.
Au début des années 2000, seule une poignée de jeunes initiés marocains s’essayent à cette musique, tout en adoptant un univers vestimentaire où le noir est la couleur dominante. Hormis la scène «underground» urbaine, personne ne s’intéresse réellement aux activités de cette jeunesse versée dans le heavy metal et ses clichés.

Par Sami Lakmahri
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 74

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