Sexe, luxe, et volupté

Symbole des années folles de Mohammedia, le Sphinx incarnait jusqu’aux années 70 l’âge d’or du raffinement sexuel à la française.

Bien que décidée dès 1946, la fermeture des maisons closes en France n’allait concerner que l’Hexagone. Au Maroc français, outre le célèbre quartier réservé de Bousbir, un lupanar d’un bien autre genre faisait le bonheur de la haute société de l’époque. Résolument «select», cette maison de joie avait la particularité d’employer les plus belles fi lles d’Europe et d’accueillir des hôtes on ne peut plus prestigieux. Habitué des lieux, Jacques Brel ira jusqu’à rendre hommage à la gérante du bordel dans sa chanson Jef. «On ira voir les fi lles, Chez la madame Andrée», chantait la légende belge, en référence à une certaine Madame Mathilde, matrone du Sphinx, le bordel le plus prestigieux d’Afrique du nord.

Une inauguration grandiose
Pour les Français, les années post Seconde Guerre mondiale sont synonyme d’insouciance, de prospérité, voire de légèreté. C’est le cas des Français du Maroc, particulièrement. En 1953, alors que le Royaume est encore sous protectorat français, la petite ville de Fedala (aujourd’hui Mohammedia) accueille un samedi matin tout ce que compte le pays comme offi ciels et personnalités de haut rang. Le préfet de Casablanca, le contrôleur civil de Fedala, les directeurs des grands quotidiens, les représentants du Barreau et des chambres consulaires ont tous été conviés à une inauguration pas comme les autres. Celle du «Sphinx», nouvel hôtel particulier qui servira principalement de maison

Par Reda Mouhsine
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 80

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