Trois tableaux couleur de sang

À travers les siècles, la violence politique et/ou familiale a longtemps été considérée comme une violence ordinaire. Zamane remonte l’histoire du Maroc et vous présente trois cas insolites.

Nous sommes à Oued Beht, près de l’actuelle région Zemmour–Zaërs, au tout début du XVIIIème siècle. Un groupe de soldats esclaves s’empare d’un jeune homme vigoureux. Il se débat comme il peut, mais il pressent que sa fin est proche. Son sang princier ne vaut rien pour les soldats qui se jettent littéralement sur lui. Il s’agit d’un ordre du souverain omnipotent. Le jeune homme s’appelle Mohamed Al Alem et son père n’est autre que le sultan Moulay Ismaïl (1672 – 1727). Faisant fi de ses arguments religieux (car c’était, comme l’indique son surnom, un savant versé dans les sciences religieuses et les lettres) qui, rappelle-t-il avec un sang-froid remarquable, interdisent à un musulman de tuer un innocent ou de le torturer, les exécutants, armés jusqu’aux dents, le ligotent. Une fois mains et pieds liés, ils procèdent, tels des bouchers expérimentés, à l’amputation méthodique de sa main droite. Puis de son pied gauche. Pourquoi ? Afin qu’il ne puisse jamais monter à cheval et tenir une épée pour guerroyer. Si, toutefois, il survit. En fait, les guerriers professionnels sautaient, en ce temps-là, sur le dos de leur monture pied gauche en premier.

Par Maâti Monjib
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