Une histoire d’eau

Même s’il ne dispose pas de grands cours d’eau qui ont été le berceau de regroupements humains et ont fini par faire germer de grandes civilisations (comme le Nil, le Tigre ou le Gange), le Maroc a une longue (et belle) histoire avec l’eau.

La ville de Marrakech vient de se doter d’un musée de l’eau, le Musée Amane (amane, eau en amazigh, mais aussi sécurité en arabe) qui, de fait, appréhende l’histoire du Maroc à travers le prisme de l’eau et de sa gestion. Il pleut assez, du moins dans la partie septentrionale, pour permettre l’émergence de regroupements humains. Mais il pleut de manière irrégulière, ce qui expose les grandes plaines à de longues périodes de stress hydrique, et particulièrement dans la phase où les cultures ont le plus besoin d’eau. Par ricochet, l’histoire du Maroc a été déterminée par des séquences de sécheresse qui ont poussé des groupes humains des régions sinistrées ou éprouvées à émigrer.
La montagne et le sous-sol ont été des régulateurs d’eau et ont servi d’unités de stockage. L’expression château d’eau, pour désigner le Moyen et le Haut-Atlas, n’est pas un artifice langagier, mais rend compte d’une réalité. Lyautey avait ce mot pour désigner la montagne marocaine, «Le Maroc stratégique », en sus du Maroc utile, celui des plaines, puis le Maroc pittoresque, celui des oasis. (Le mot « inutile », que d’aucuns utilisent de nos jours pour fustiger l’ère coloniale, n’a jamais été utilisé par les pontes du Protectorat).
La fonte des neiges et le ruissellement des eaux qui alimentent rivières, ruisseaux, et sources ont été à la base de grands regroupements humains, à Fès en contrebas du Moyen-Atlas et du pré-Rif, ou à Marrakech en contrebas du Haut-Atlas.

Par Hassan Aourid
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 84

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