Walter B. Harris, un british à Tanger

Walter B. Harris, journaliste britannique au «Times», porte-voix de la presse anglo-saxonne et voyageur arabisant s’est élevé au rang des observateurs les plus méticuleux de la vie tangéroise. Comment un simple correspondant étranger laisse-t-il une empreinte si durable dans la mémoire de la ville et de ses habitants ?

Le nom de Walter Burton est connu de tous mais peu savent de qui il s’agit. Faites vous-même l’expérience ! Hélez le premier petit taxi venu à Tanger et demandez-lui « Billa harriz ! » (Villa Harris). Le chauffeur, sans connaître l’histoire de ce lieu, vous mènera droit au cap Malabata situé à l’est de la baie de Tanger. Là se dresse une bâtisse à moitié en ruine. Rien n’indique qu’il s’agit d’une ancienne villa. C’est pourtant ici que vécut Walter Harris, correspondant du journal The Times à Tanger. Ce journaliste célèbre tira de ses années marocaines un ouvrage qui reste encore aujourd’hui une valeur sûre : Morocco that was, publié à Londres en 1921 (Le Maroc disparu). Un livre longtemps épuisé et que l’éditeur marocain Dar Al Aman eut la bonne idée de republier en 2011.
L’œil et les oreilles britanniques de Tanger
C’est en 1886 que Walter Harris, alors âgé de 20 ans, décide de s’installer dans la ville du détroit. Avant cela, il a voyagé dans l’Empire ottoman, au Moyen-Orient, en Afrique du Sud perpétuant ainsi la tradition bien british du Grand Tour. C’est que dans la haute société britannique, depuis le XVIIIe siècle, le voyage est perçu comme incontournable dans la formation intellectuelle de la jeune gentry1.
Car, pour Harris, le choix de Tanger n’est pas anodin. Capitale diplomatique de l’empire chérifien depuis la fin du XVIIIe siècle, elle regroupe une importante communauté européenne. En 1900, sur un total de 45 000 habitants, on compte 11 000 Occidentaux, dont 9 000 Espagnols, soit 20 % des habitants de la ville, selon Gauthronet, dans Tanger et sa zone (1913). Cette population va très vite être en quête de biens et de services, équivalents à ceux dont jouit le Vieux continent : téléphone, télégramme, électricité, eau courante, journaux écrits…

Suite de l’article dans Zamane N°48
Par Farid Bahri et Abdeslam Kadiri

Une réflexion au sujet de « Walter B. Harris, un british à Tanger »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/** * The template for displaying the footer * * Contains footer content and the closing of the #main and #page div elements. * * @package WordPress * @subpackage Twenty_Fourteen * @since Twenty Fourteen 1.0 */