L’indépendance du Maroc fut un long fleuve qui était tout sauf tranquille. Les obstacles et les entraves étaient nombreux. Les changements de cap aussi. Sans parler des frustrations nées de chacune des étapes qui ont marqué le processus…
Comme tous les pays qui ont subi le joug de la colonisation, le Maroc a recouvré son indépendance dans un contexte de décolonisation par l’entremise de l’action du mouvement national. Lequel avait exprimé sans ambages, en janvier 1944, le désir de se soustraire du protectorat, dans ce qui est communément connu sous l’appellation «Manifeste de l’indépendance». Puis il y eut le discours du sultan Sidi Mohammed Ben Youssef à Tanger en 1947 et un mouvement de la résistance suite à la déposition du sultan, le 20 août 1953, avec la recrudescence des violences, dans les villes surtout. Sans oublier le déclenchement dans le triangle jouxtant Taza, Boured, Tizi n’Ussli et Imouzzer Marmoucha, le premier embryon de l’Armée de Libération du Maroc dans le sillage d’un grand mouvement groupant Marocains et Algériens. Autrement dit, l’indépendance ne fut pas un plateau d’or offert par la puissance tutélaire, mais le résultat d’un combat, certes dans un contexte d’embrasement régional, avec le déclenchement de la guerre de libération en Algérie en novembre 1954. La France devait lâcher du lest pour les deux protectorats, en Tunisie et au Maroc, dans le cadre de ce qui était mis en place par le président du conseil, Pierre Mendès France, pour le cas de la Tunisie, ce qui est communément appelé l’indépendance dans l’interdépendance, et qui devait être appliqué au Maroc sous le nouveau président du conseil, Edgar Faure, en créant un secrétariat d’Etat pour les affaires tunisiennes et marocaines, confié à Pierre July, qui a rendu compte des péripéties de cette phase dans son livre «Une République pour un Roi».
Par Hassan Aourid
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