Quand le Maroc obtint son indépendance de la France, le 2 mars 1956, il avait encore sur son sol trois forces militaires étrangères : française, espagnole et américaine. Si les deux premières résultaient juridiquement d’une situation de protectorat remontant à 1912, la troisième, c’est-à-dire l’américaine, paraissait pour le moins incompréhensible, voire anormale… Zamane vous explique les tenants et les aboutissements de cette affaire bien particulière.
Le royaume n’avait jamais autorisé, ni même pris connaissance de la présence militaire américaine sur son territoire. Et pourtant le Maroc indépendant devait trouver une issue à une situation absurde qui lui avait été imposée et se débarrasser d’un hôte qu’il n’avait jamais invité. La présence militaire américaine au Maroc remonte à la fameuse opération Torch, qui a vu le débarquement des troupes américaines en plusieurs points des côtes marocaines lors de la deuxième guerre mondiale. En effet, le 8 novembre 1942, les forces américaines débarquèrent en trois emplacements sur la côte atlantique: Mehdia, Fedala (Mohammedia) et Safi. L’opération s’inscrivit dans le cadre de la stratégie des alliés pour contrecarrer l’incursion allemande en Afrique du nord. Depuis cette date, les troupes américaines n’ont jamais quitté le sol marocain et les États-Unis n’ont pas attendu la conclusion d’un accord écrit pour se positionner militairement au Maroc. Ainsi l’effectif de l’armée américaine au Maroc s’élevait à la fin de 1942 à 65.000 hommes stationnés essentiellement à Casablanca, Marrakech et Agadir. A Casablanca, les Américains avaient établi l’état-major du North African Wing. La mission de cet organisme était d’assurer le trafic de tous les avions d’armes et de transport circulant entre, d’une part, les États-Unis et l’Angleterre, et d’autre part les continents africain et asiatique de Dakar à Karachi. Marrakech abritait quelque 2.000 hommes, alors qu’à Agadir, les Américains avaient établi une base navale pour effectuer des vols de reconnaissance pour la protection des convois et la recherche des sous-marins ennemisdans la zone des Canaries.
Par Mohamed El Mansour
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