Sans ports, il ne pouvait y avoir de «Porte ouverte» au commerce. Ce fut, en 1906, le message fondamental de la Conférence internationale, tenue dans la petite ville espagnole d’Algésiras de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Pour le Maroc, il y aura un avant et un après.
À la veille de l’occupation française, le Maroc ne disposait sur toute la façade Atlantique que de quelques criques à peine aménagées, aptes tout juste à abriter une dizaine de barques de débarquement ou de pêche éventuelle. Certes, il y eut une petite exception, à une certaine époque, au milieu du XVIIIème siècle, avec le petit port d’Essaouira et un certain nombre de criques qui furent aménagées sous le règne du sultan alaouite Mohamed ben Abdallah. Le constat est qu’en moins de vingt ans d’occupation française, le pays allait être doté d’un ensemble d’infrastructures maritimes de base, celles observables et utilisables encore de nos jours, soit quelque six décennies après l’indépendance, allant de Port- Lyautey (l’actuelle Kénitra) jusqu’à Agadir. Pour un pays disposant d’une longue côte atlantique, les relations maritimes devenaient en effet primordiales, surtout que l’état de désordre ambiant dans lequel il vivait, avait accentué son isolement par rapport au reste du monde. Par ailleurs, l’océan qui sert de trait d’union naturel avec ce monde extérieur était considéré si dangereux tout au long de ces rivages demeurés sauvages, battus d’un bout de l’année à l’autre par une forte houle, si bien que les compagnies de navigation hésitaient souvent à y envoyer leurs navires vers les criques existantes, jugées souvent à haut risque.
Par Mohammed Germouni
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