Aucun ouvrage, ou presque, n’a fait la synthèse des différentes recherches portant sur les rapports entre la franc-maçonnerie et l’islam. Aucun, sauf Le croissant et le compas (octobre 2015) écrit par Thierry Zarcone.
Né en Tunisie, cet historien est chercheur au CNRS (groupe Sociétés, Religions, Laïcité) et spécialiste des mondes arabe, turc et persan. Selon lui, alors que les premières loges maçonniques installées par les Occidentaux formaient une sorte de «club pour chrétiens en pays musulmans», celle-ci, au cours du XIXe siècle, se sont peu à peu ouvertes à des «indigènes», puis à des notabilités, et ce en parallèle de l’établissement de l’impérialisme et du colonialisme. De l’Iran à la Turquie, en passant par le Liban, des musulmans ou des Arabes, le plus souvent réformistes, ont donc intégré la franc-maçonnerie pour leur appartenance à l’élite ou par militantisme idéologique. A cette époque-là, «la croyance en un Dieu unique, éventuellement désigné par l’expression œcuménique « Grand Architecte de l’Univers », était partagée, le néophyte pouvant exiger la présence du livre saint de son choix lors de sa réception», souligne Thierry Zarcone. La franc-maçonnerie partageait donc, avec les religions monothéistes, la croyance en un « unique créateur » et tolérait les us et coutumes personnelles.
Par Nina Kozlowski
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