D’un simple policier à un tout puissant ministre de l’Intérieur, d’un homme craint et redouté à un homme traqué et poussé à l’exil, la trajectoire du premier serviteur de Hassan II, ses hauts et ses bas, a ressemblé aux montagnes russes. Décryptage.
Demandez autour de vous et vous verrez : tout le monde a quelque chose à dire sur Driss Basri. Forcément. Des blagues, des anecdotes, des confidences, des analyses, etc. Le personnage a si longtemps occupé le devant de la scène qu’il avait fini par incarner, de son vivant, l’administration marocaine à lui seul ou presque. De cette administration, il porte les valeurs les plus nobles (parce qu’elles existent, ne l’oublions jamais) mais aussi, bien entendu, les plus contestables. Depuis l’élimination de Mohamed Oufkir en 1972, et l’éloignement progressif d’Ahmed Dlimi, qui se termine par sa mort prétendument accidentelle en 1983, l’étoile de Driss Basri est montée dans le ciel marocain. L’ascension a plutôt été douce, et s’est faite par paliers. S’il faut dater la percée de Driss, ou de « Louzir » (le ministre), comme beaucoup l’appelaient, surtout dans le sud marocain, il faudra remonter à l’année 1973. Le Maroc venait de dissoudre le CAB 1, ancêtre des services de renseignements intérieurs et extérieurs, et vivait une sorte de vide sécuritaire depuis les deux putschs militaires de 1971 et 1972. Il fallait tout remettre à niveau, tout réorganiser, parce que les deux coups de sang ont montré aussi la faillite du renseignement marocain, jusque-là cannibalisé par le trop puissant CAB 1 que le général Oufkir instrumentalisait à sa guise.
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Par Karim Boukhari



































