La pensée religieuse des habitants de l’Afrique du Nord antique était ouverte aux croyances d’autrui, en raison du contact établi entre eux. Ils ont ainsi développé une capacité à s’adapter à ces croyances étrangères, à les comprendre et à les accepter sur leur propre sol.
Mieux encore, nos «ancêtres» ont œuvré à en intégrer certaines, en raison de leur proximité avec leurs propres divinités, en leur conférant un caractère libyque. D’autres divinités, en revanche, sont demeurées étrangères à ce syncrétisme local, à savoir les divinités orientales, qui ont globalement conservé leur caractère oriental. Les divinités égyptiennes hellénisées apparaissent, à travers les monnaies et les inscriptions, au cours du Ier siècle av. J.-C., tandis que les divinités phrygiennes n’arrivent qu’à la fin du 1er siècle. Quant aux divinités perses et syriennes, leur présence est attestée par les inscriptions à partir du IIème siècle. Ces indications montrent que l’introduction des cultes orientaux en Afrique du Nord antique ne s’est pas faite en une seule époque, mais à des périodes différentes. Sur le plan géographique, la diffusion des divinités orientales s’étend de la province Tripolitaine à l’est jusqu’à la province Tingitane à l’ouest. Toutefois, ces cultes se sont concentrés surtout dans les provinces de Proconsulaire et de Numidie. Ce phénomène peut s’expliquer par deux points essentiels : d’une part, la province de Numidie constituait le cœur militaire de l’Afrique du Nord antique, où était stationnée la IIIème légion Auguste ainsi que d’autres unités auxiliaires qui lui apportaient soutien et renfort. Il était donc naturel que nombre d’adeptes de ces cultes soient des soldats ayant emporté avec eux leurs divinités protectrices.
Par Fahim Ennouhi
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