Le 11 juillet 2025, dans le discret centre culturel de Rissani, l’histoire du Maroc a repris la parole. À l’occasion d’un colloque scientifique d’envergure, des chercheurs de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP) ont levé le voile sur de nouvelles découvertes majeures sur le site archéologique de Sijilmassa, jadis cité caravanière prospère et carrefour entre les mondes africain et oriental.
En présence du ministre de la Culture, Mohamed Mehdi Bensaïd, les révélations faites ce jour-là dessinent une nouvelle cartographie du passé marocain, et annoncent des projets ambitieux pour l’avenir.
Au cœur des annonces scientifiques, une découverte particulièrement inédite : les premières traces matérielles d’un atelier monétaire ont été mises au jour sur le site. Des preuves archéologiques de la frappe de pièces à Sijilmassa viennent ainsi confirmer son rôle clé dans les réseaux économiques transsahariens.
Outre cette trouvaille rare, les fouilles récentes ont mis en évidence les vestiges d’un quartier résidentiel structuré, organisé autour de maisons et de ruelles, ainsi que plusieurs éléments de la grande mosquée, dont une porte monumentale encadrée de deux tours. Des fragments de bois peints, probablement issus de l’ancienne mosquée alaouite, viennent enrichir cette mosaïque patrimoniale. L’usage des dernières technologies – plans 3D, balayage aérien de haute précision – a permis une reconstitution plus fine de l’organisation urbaine et du fonctionnement politique de la ville. «Ces données offrent une meilleure compréhension du système économique et de la structure sociale de Sijilmassa», souligne la chercheuse Asmae El Kacimi, membre de l’équipe scientifique.
Un patrimoine oublié, bientôt protégé
Fondée au VIIIe siècle, Sijilmassa fut pendant plusieurs siècles une cité incontournable sur les routes caravanières reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Orient. Cette prospérité s’estompe à partir du XVe siècle, entraînant un lent effacement de la ville dans la mémoire collective. Mais le 11 juillet 2025 marque peut-être le retour durable de Sijilmassa sur la scène nationale. Le ministre Mehdi Bensaïd y a annoncé le lancement d’un vaste plan de sauvegarde et de valorisation, doté d’une enveloppe de 245,5 millions de Dh. Les fouilles de l’INSAP, amorcées depuis 1971, prennent aujourd’hui une nouvelle ampleur. Sijilmassa n’est plus seulement un souvenir enseveli sous les sables du Tafilalet, mais une source vivante de connaissance historique, réintégrée dans le récit national.
En investissant dans sa préservation et sa réhabilitation, les autorités marocaines ne se contentent pas de sauvegarder un site : elles redonnent à une cité mythique sa juste place dans l’imaginaire collectif. Sijilmassa redevient ce qu’elle fut : un lieu de passage, d’échanges et de rayonnement, au cœur des grands courants de l’histoire marocaine et saharienne.







































