La production éditoriale marocaine franchit le cap des 4.000 titres par an, avec un numérique en progression. Mais le secteur est cantonné dans quelques grandes villes, les femmes restent minoritaires et le rayonnement régional est à la traîne.
La Fondation Al Saoud vient de rendre public son dixième rapport annuel sur l’état de l’édition et du livre au Maroc, qui fait suite au dernier Salon international de l’édition et du livre de Rabat, tenu récemment. Le bilan est encourageant : la production éditoriale en littérature et sciences humaines et sociales atteint 4.124 titres pour la période 2024-2025, soit une hausse de près de 11% par rapport à l’exercice précédent. L’édition papier reste largement dominante avec 89% des publications, mais le numérique progresse fortement (plus de 33% en un an) pour représenter désormais 10,84% de l’ensemble des titres. Tout semble indiquer qu’il s’agit, là, d’une tendance lourde qui devrait s’affirmer au fil des années. L’arabe demeure la langue d’écriture de référence, avec près de 79% des ouvrages imprimés, devant le français (16%) et l’amazigh, qui s’affirme comme langue littéraire à part entière avec 76 titres. La création littéraire reste le premier domaine de production, suivie du droit et de l’histoire. Côté auteurs, les hommes signent 85% des publications, les femmes progressant encore trop lentement. Le rapport note également que 735 ouvrages de Marocains ont été publiés à l’étranger, principalement au Moyen-Orient et en Europe, témoignant d’un rayonnement intellectuel croissant au-delà des frontières.









































