Le patrimoine paléontologique marocain s’enrichit de nouveau. Neuf dents fossilisées de reptiles préhistoriques, datant de la fin du Crétacé, viennent d’être restituées au Royaume après avoir été saisies par les douanes françaises lors d’une tentative de trafic international.
L’affaire remonte à février 2025. À Menton, dans les Alpes-Maritimes, les services de la Douane française interceptent un camion de fret express assurant une liaison entre l’Espagne et l’Italie. À son bord, neuf fossiles provenant du bassin géologique marocain sont découverts. Leur exportation s’effectuait en dehors des circuits légaux.
Grâce à une coopération étroite entre la Douane française, le ministère français de la Culture et l’Ambassade de France au Maroc, ces pièces d’une grande valeur scientifique ont pu être restituées aux autorités marocaines.
Le lot comprend une dent de Zarafasaura oceanis, un plésiosaure au long cou qui peuplait les mers il y a environ 70 millions d’années, trois dents de mosasaure, gigantesque reptile marin devenu célèbre auprès du grand public grâce à la saga Jurassic World, ainsi que cinq dents fossilisées attribuées à Dyrosaurus phosphaticus, un ancien parent des crocodiles ayant vécu à la charnière entre le Crétacé et le Paléogène.
Ces fossiles proviennent du bassin géologique marocain, l’un des plus riches au monde en vertébrés fossiles. Les gisements de phosphates du Royaume ont livré, depuis plus d’un siècle, des milliers de spécimens qui permettent aux chercheurs de mieux comprendre la faune marine et terrestre ayant précédé l’extinction des dinosaures, il y a environ 66 millions d’années.
Si cette richesse scientifique fait du Maroc une référence internationale en paléontologie, elle alimente également un trafic illicite particulièrement lucratif. Chaque année, de nombreux fossiles sont extraits puis écoulés sur les marchés internationaux sans autorisation, privant les collections nationales d’un patrimoine irremplaçable et compliquant le travail des chercheurs.
La restitution de ces neuf fossiles illustre ainsi l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre le trafic des biens culturels et du patrimoine naturel. Elle témoigne également de la volonté commune du Maroc et de la France de préserver un héritage géologique dont la valeur dépasse largement les frontières nationales.
Au-delà de leur intérêt spectaculaire, ces dents constituent de précieux témoins de l’histoire de la vie sur Terre. Elles rappellent que le sous-sol marocain renferme un patrimoine exceptionnel, dont la protection représente un enjeu scientifique, culturel et identitaire majeur.







































