Le pirate est défini par le dictionnaire de l’Académie Française comme suit : «Écumeur de mer, celui qui, sans commission d’aucune puissance, court les mers pour voler, pour piller». Le terme «commission» est crucial car c’est bel et bien la commission délivrée par un gouvernement qui différencie le corsaire, mercenaire légal, du pirate, criminel et hors-la-loi. Si un pirate s’aventure en mer de sa propre initiative et pille pour son compte personnel, le corsaire, lui, travaille dans la légalité car il est porteur d’une délégation officielle. Dans la réalité, la ligne de démarcation entre pirate et corsaire est extrêmement tenue. À voir les dégâts et les souffrances qu’ils causaient, avec un arbitraire et une cruauté sans limites, il est impossible de privilégier l’un ou l’autre. D’ailleurs, quand on feuillète la littérature maritime de l’époque, on se trouve en face d’une autre guerre, celle des mots et des définitions. Pour les Anglais, les marins et les corsaires espagnols n’étaient que des «pirates» et des hors-la-loi. Et inversement, le plus célèbre corsaire de Sa Majesté anglaise, Sir Francis Drake, n’était qu’un vilain pirate pour les Espagnols. Pour ce qui est des corsaires musulmans, même quand ils sont en possession de tous les passeports et les lettres de marque du monde entier, ils seront toujours traités (par les autres) de brigands et de pilleurs.






































