Peu le savent ou n’arrivent pas à l’admettre : certaines des croyances et des pratiques encore en cours sont les héritières, en ligne directe, de ce monde ancien et méconnu que l’on appelle le «Maroc païen». Avant de développer des religions autochtones, qu’elles soient autochtones ou apportées par des peuples venus d’ailleurs, nos ancêtres ont développé différentes formes de culte dont les fonctions allaient de la protection du mauvais œil aux prières incantatoires pour lutter contre les calamités naturelles, les guerres meurtrières, mais aussi pour mieux accompagner une naissance, un mariage ou un décès. Loin des idées reçues, sans fard et au-delà des barrières imaginaires imposées par les lois du sacré, Zamane sonde les réalités de ce paganisme à la marocaine. Avec ses divinités, ses objets fétiches, ses animaux sacrés, sa perception de l’au-delà et ses représentations de la lutte entre le bien et le mal. Un voyage passionnant et plein de surprises…
Le Maroc païen appartient à une profondeur du temps que les récits dominants ont longtemps ignorée ou recouverte. On y a souvent projeté l’idée que les croyances anciennes seraient venues d’ailleurs, comme si les habitants de ce territoire n’avaient fait que recevoir, jamais créer. Cette vision repose sur un malentendu : les traditions spirituelles du Maroc se sont formées sur un terreau humain parmi les plus anciens au monde. Les découvertes de Jebel Irhoud ont établi que l’Homo sapiens vivait ici il y a plus de 315.000 ans. Ce long passé n’est pas une parenthèse sans forme ; il est l’un des socles primordiaux de l’expérience humaine. Les croyances qui ont émergé sur ce territoire sont donc nées d’un rapport direct à la nature, à la survie, à l’imaginaire, et non d’une influence exclusivement extérieure. Elles possèdent une profondeur qui n’a pas besoin d’être justifiée par l’emprunt. Dans le Maroc ancien, le sacré ne reposait ni sur des textes ni sur des panthéons fixes. Il naissait d’un lien direct avec la nature : montagnes, plaines, mers et cours d’eau. Rituels, récits et gestes répondaient à des besoins vitaux face à l’invisible. Ces croyances semblent issues d’une invention locale, enracinée dans la continuité des pratiques et des symboles. Il est commun de dire que les religions et les divinités sont nées avec la sédentarisation et le développement de l’agriculture. Elles sont nées de la nécessité pour l’homme primitif de comprendre et de maîtriser la nature dont dépendait sa survie.
Dossier réalisé par la rédaction
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