Les croyances qui ont émergé sur le territoire marocain sont nées d’un rapport direct à la nature, à la survie, à l’imaginaire, et non d’une influence exclusivement extérieure.
Les divinités sont nées comme personnifications de ces forces, devenant des médiateurs entre l’homme et la nature. L’agriculture, activité centrale des premières sociétés, a joué un rôle déterminant dans cette émergence religieuse. Les récoltes, la croissance des plantes et la reproduction des animaux conditionnaient la survie des communautés, et leur succès ou leur échec était interprété comme le reflet de la faveur ou de la colère des dieux. Ainsi, les rites, sacrifices et offrandes agricoles étaient des pratiques visant à obtenir la protection des divinités et à garantir la prospérité des champs. Dans l’Égypte antique, Osiris incarnait la végétation et les cycles agricoles, et sa mort et sa résurrection symbolisaient la succession des semailles et des moissons. De même, en Mésopotamie, Inanna et Enlil représentaient respectivement la fertilité et les forces naturelles, leur culte étant directement lié à la réussite des activités agricoles. Ces croyances ont aussi structuré le calendrier social et rituel : les fêtes de semailles visaient à invoquer la pluie et la croissance des plantes, tandis que les fêtes de récolte exprimaient gratitude et reconnaissance envers les divinités. La naissance des dieux et l’activité agraire apparaissent ainsi étroitement liées, l’agriculture fournissant non seulement les conditions matérielles de survie, mais aussi le cadre symbolique et religieux autour duquel s’organisaient les premières sociétés.
Par Moulim El Aroussi
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