Depuis que l’être humain a pris conscience de lui-même, il a commencé à s’interroger sur son être, sur son âme, et à chercher des réponses liées à son existence ainsi qu’à celle des éléments qui l’entourent. C’est ainsi qu’est née sa relation spirituelle à l’espace, à la nature et à l’ensemble des réalités qui ont suscité en lui la crainte, procuré un sentiment de sécurité ou constitué un moyen de subsistance.
Tous ces éléments ont progressivement acquis des significations symboliques et spirituelles. L’attachement de l’homme à leur égard est devenu plus fort que pour toute autre chose, au point de les intégrer au cœur même de son quotidien et de son mode de vie. À l’origine, ils n’étaient ni désignés comme sacrés, ni perçus comme relevant d’un fait religieux, ni même investis d’une fonction spécifique : il s’agissait plutôt de comportements instinctifs, spontanés, issus de pratiques naturelles. Ce n’est qu’avec l’apparition des dénominations et l’attribution de fonctions à ces éléments que se sont progressivement manifestées les premières formes d’une religiosité institutionnalisée et organisée. Les chercheurs spécialistes de la préhistoire ont longtemps admis l’absence de religion et de pratiques cultuelles au Maroc et en Afrique du Nord durant le Paléolithique inférieur. Cette position s’appuyait principalement sur l’absence d’indices matériels probants, tels que des vestiges archéologiques concrets, des pratiques funéraires structurées ou des symboles à caractère religieux. Toutefois, même si cette hypothèse peut être considérée comme méthodologiquement recevable, l’absence de traces matérielles à dimension religieuse ne signifie pas nécessairement l’absence de toute forme de religiosité.
Par Lahcen Bouderka
Lire la suite de l’article dans Zamane N°180



































