Peu le savent mais le «premier chemin de fer» au Maroc daterait, en effet, de 1888. Il sortait des usines Legrand de Mons et était offert au sultan Hassan 1er par le gouvernement belge, probablement dans l’espoir d’obtenir, si la démonstration s’avérait probante, la concession des premiers chemins de fer. Le matériel roulant se réduisait en fait à une minuscule locomotive et à une baladeuse d’une douzaine de places. La voie, longue d’un kilomètre à peine, fut posée en rond, comme une sorte de manège, dans les jardins de la résidence dite impériale à Meknès. Le ministre plénipotentiaire du roi Léopold II à Tanger, son «tordjman», un interprète, ainsi que l’ingénieur Conon et gendre de l’industriel Legrand, étaient venus spécialement pour la remise du matériel en état de fonctionnement. Si la cérémonie ressemblait plus à une sorte de grande parade, l’essai ne fut malheureusement pas convaincant alors, car le bruit, la fumée, les étincelles et le jeu des pistons effrayèrent les assistants… Des badauds auraient été poussés presque de force dans la baladeuse pour constituer un chargement de voyageurs. Mais la locomotive s’essouffla et le convoi dut être remorqué à bras par le personnel du Palais. La deuxième expérience ferroviaire, qui eut lieu quelques années plus tard, mais cette fois-ci sous le règne d’Abdelaziz, successeur d’Hassan Ier, aurait été moins réussie encore selon les observateurs.









































