Le Maroc vient de perdre l’un de ses meilleurs hommes de théâtre, Nabyl Lahlou, par ailleurs cinéaste reconnu. Né en 1945 à Fès, Lahlou avait fait de l’insoumission artistique un art de vivre. Formé à l’école Charles Dullin à Paris, haut lieu de la formation théâtrale européenne, il revient au Maroc avec une conviction chevillée au corps : le théâtre n’est pas un divertissement, c’est un laboratoire de la conscience collective. Son œuvre cinématographique (sept longs métrages qu’il produisait, réalisait et interprétait lui-même) témoigne de cette indépendance radicale. Parmi ces films, le meilleur reste sans doute le premier : «Al Kanfoudi» réalisé en 1978. Sans oublier «Le gouverneur général de l’île de Chakerbakerben» ou «Brahim Yach» avec le regretté Larbi Doghmi. Sa dernière pièce, présentée au Théâtre Mohammed V de Rabat en mars 2026, suscitait encore le débat. Il travaillait jusqu’au bout, debout face au monde. Il avait 81 ans.









































