Dans les années 1980, la Néerlandaise Fenneke Reysoo a effectué une plongée dans l’univers des moussems pour en tirer un livre–référence («Des moussems du Maroc»), aujourd’hui encore incontournable. Morceaux choisis.
La fête est un phénomène social que l’on peut observer dans toutes les sociétés, qu’elles soient anciennes, primitives ou modernes. La forme et la fonction de la fête, le cadre social et temporel, l’objet de la célébration varient d’une société à l’autre, et d’une époque historique à l’autre. Toutefois, aussi diverses qu’elles soient, les fêtes ont comme caractéristique commune un lien (actuel ou historique) avec le domaine sacré. Cependant, un élément de mixité se présente, car à côté de la référence à l’objet sacré, la fête s’accompagne d’éléments profanes de divertissement. Dans les sociétés agraires d’une façon générale, la communauté, ou une partie d’elle, se rassemble à certains moments du cycle calendaire ou du cycle de la vie afin d’influencer les forces surnaturelles par des pratiques rituelles. Au début du cycle agricole, par exemple, les fêtes agraires sont dirigées vers l’invocation de la protection divine afin de garantir la fécondité des semences. Après les récoltes, les célébrations de grâces ont lieu. D’autres points de l’année entourés de célébrations sont les solstices d’été et d’hiver. Par contre, dans les sociétés industrielles, où un processus de sécularisation a eu lieu, les liens avec un objet sacré semblent s’effacer. C’est ainsi que toute société manifeste le besoin de marquer le rythme du temps à des intervalles réguliers afin d’ordonner la vie sociale. Les thèmes récurrents qui sont dramatiquement mis en scène lors des fêtes expriment souvent les tensions inhérentes à la vie humaine, sociale et matérielle : les tensions entre la vie et la mort, entre l’individu et la société, et entre la pénurie et l’abondance.
Par Fenneke Reysoo
L’article complet de Zamane N°185 est disponible en version papier (boutique) ou en version digitale


































