L’indépendance du Maroc n’a pas oblitéré du jour au lendemain la présence française dans le Royaume, ni la résistance armée à celle-ci. Le processus a été lent et laborieux, l’étreinte franco-marocaine s’est progressivement desserrée, étape par étape, pour éviter la déchirure brutale. Pourtant, certains épisodes racontent une tout autre histoire, celui de Foum al-Hassan (ou Foum el-Hasn, voire Fam el-Hism) en est un.
D’emblée, une petite géolocalisation serait la bienvenue. Foum al-Hassan se situe dans la province de Tata. À 200 kilomètres de Guelmim et 250 kilomètres au sud d’Agadir. Aujourd’hui cette ville abrite quelques 6000 habitants. On s’en doute, et en l’absence de données démographiques concrètes, Foum el-Hassan était beaucoup moins peuplée. Et de s’interroger, comment une si minuscule agglomération aurait-elle laissé une trace proportionnellement inverse à sa superficie dans l’histoire du Royaume chérifien. Pour comprendre, une vue générale des présences militaires au lendemain de l’indépendance est nécessaire. L’armée française, on s’en doute, ne plie pas complètement bagage le 3 mars. Sa présence se poursuit encore sur le territoire chérifien pendant toute une période transitoire. Ainsi 100.000 soldats français sont encore stationnés aux quatre coins du Royaume lorsque celui-ci prend son destin en main. Jusque-là tout semble naturel, et relève d’une logique de retrait d’une armée étrangère d’un pays colonisé.Sauf que les choses ne se passent pas simplement. «Mais, rapidement, le désengagement militaire français s’avère lent et complexe. Les hésitations du Maroc et les errements des gouvernements de la IVème République, empêtrés dans une décolonisation mal maîtrisée, rendent impossibles durant cinq ans les négociations globales sur le statut et la mission de cette armée, disposant en fait d’une assez large autonomie», retrace l’historienne Amina Aouchar dans la «Revue historique des Armées» (2ème trimestre, 2004).
Par Farid Bahri
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