Le monde des arts perd l’une de ses voix les plus singulières. Saâd Hassani s’est éteint le 9 juin 2026 à Casablanca, où il avait choisi de finir ses jours chez lui, entouré des siens, après plusieurs mois de maladie. Il avait 77 ans. Né en 1948 à Rabat, autodidacte absolu, il brûle les étapes : sa première exposition personnelle a lieu à seize ans à peine. Il fréquente les cercles de l’École de Casablanca, part à la découverte de l’Europe, se nourrit de l’art brut, des expressionnistes abstraits, de Matisse et de tant d’autres, sans jamais se laisser avaler par aucune école. Sa peinture de maturité est celle du dépouillement: grands monochromes aux pigments naturels, bleus profonds et ocres pâles, où toute narration s’efface au profit d’une émotion pure. Il peignait, écrivait-on de lui, «le silence, les rêves qui s’éloignent et le temps qui passe». Une œuvre rare, intemporelle, qui lui survivra longtemps.









































