L’association Les Citoyens publie en mai 2026 les résultats d’une vaste enquête nationale menée dans 12 régions du Royaume, dans le cadre de sa démarche de «cafés citoyens». L’étude dresse un portrait saisissant du rapport des Marocains à la politique à quelques mois des élections législatives.
Le paradoxe central qui ressort de cette enquête est frappant : si 66,6 % des répondants reconnaissent que le vote est un devoir civique important, seuls 13,6 % jugent les résultats des dernières élections crédibles. Les citoyens consultés croient encore à la démocratie, mais plus aux acteurs censés l’incarner. Ce fossé se traduit dans les comportements électoraux: 41,3 % des répondants en âge de voter en 2021 affirment avoir volontairement boycotté le scrutin, et 24,1 % déclarent qu’aucun facteur ne les convaincra de voter en 2026. La défiance envers les partis politiques est particulièrement marquée: 79,5 % des sondés n’ont aucun contact avec eux, et leur communication est notée 1,32 sur 5. Les femmes affichent pourtant une intention de vote plus élevée que les hommes (49 % contre 40,7 %), bien qu’elles se heurtent davantage aux obstacles administratifs relatifs à l’inscription. Les 18-24 ans, contre toute attente, sont la cohorte la plus disposée à voter (49,8 % de réponses positives). Les citoyens posent des conditions claires à leur remobilisation : garantie d’intégrité du scrutin (47,5 %), programmes politiques lisibles (42,9 %), présence de candidats jeunes (40,6%) et transparence du financement des partis (39,7 %). Un message direct aux décideurs, à l’heure où la fenêtre d’action se rétrécit.







































