Sous Mohammed VI, la culture a fait plusieurs progrès, même si tout n’est pas rose. Zamane fait un tour d’horizon, à la fois objectif et critique, s’arrêtant sur les saillies et les enseignements à retenir de cette séquence si spéciale de la récente histoire marocaine.
A comme Arts plastiques.
L’arrivée de Mohammed VI a amené un changement de paradigme, qui n’a eu de cesse de se confirmer : la peinture marocaine se vend plus et mieux que jamais. La côte des artistes nationaux est à la hausse et l’art en général ressemble désormais à un marché, un vrai, une sorte de bourse des valeurs (artistiques), brassant de gros intérêts économiques. Tant mieux.
B comme Bilan.
Le dicton dit que c’est à la fin du bal que l’on paie les musiciens. Il n’est donc aujourd’hui question que d’un bilan d’étape pour la culture, dans le sens large du terme. Si des département comme le cinéma, la télévision, la musique et les arts plastiques ont connu un vrai renouveau (avec ici et là de nombreux couacs), et si la culture des musées et plus généralement de la conservation/réhabilitation des œuvres d’art, mais aussi des archives, connait un relatif essor, d’autres secteurs restent à la traîne : exemple de l’édition, qui n’a pas vraiment profité de l’embelli générale. Un vrai hic.
C comme Couscous.
Autant, sinon plus que le zellige et le caftan, le couscous représente un authentique point de discorde entre Marocains et Algériens. Et pas seulement sur le plan culturel (dans les sens large du terme)… Le couscous, plat emblématique du Maghreb, est à l’origine un mets berbère, partagé par plusieurs pays de la région -Maroc, Algérie, Tunisie, Libye- depuis des siècles. Mais cette richesse commune, ce plat «fédérateur», est devenu source de rivalité, notamment entre le Maroc et l’Algérie, où chaque pays revendique le couscous comme partie intégrante de son patrimoine national. La polémique a éclaté publiquement en 2016, lorsque l’Algérie a annoncé vouloir inscrire le couscous au patrimoine immatériel de l’UNESCO en son seul nom. Cette initiative a suscité une vive réaction au Maroc, où l’on a dénoncé, à raison, une tentative d’appropriation culturelle d’un plat partagé. En 2020, l’UNESCO inscrit le «savoir, savoir-faire et pratiques liés à la production et à la consommation du couscous» comme patrimoine commun à ces quatre pays. Mais derrière cette apparente réconciliation, la rivalité culturelle reste vive. Avec un léger avantage tout de même au Maroc, n’en déplaise à nos chers voisins de l’Est.
Par Younes Mesoudi
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