L’actualité turbulente de la zaouia boutchichia ne doit pas nous faire oublier sa longue histoire, sa naissance, son évolution et, surtout, ses mutations.
Le 8 août 2025, le cheikh de la zaouia Boutchichia, Jamal, ou Sidi Jamal comme le veut la tradition, décède sans qu’il n’y ait de représentant des autorités à ses obsèques. Contrairement au décès de son père Sidi Hamza, en 2017, les dignitaires du système comme les conseillers du roi (Fouad Ali El Himma, Omar Azziman), le ministre de l’Intérieur (Mohamed Hassad), le ministre des Affaires religieuses (Ahmed Taoufiq) et le wali de la région (Mohamed Mhidia) étaient présents aux funérailles. Sidi Jamal à qui le «secret» a été transmis par son père Sidi Hamza a été reçu par le souverain à Casablanca, au lendemain de la mort de son père. Mounir, qui avait reçu le «secret» de son père par testament, venait de se désister au profit de son frère Mouad, tout en précisant qu’il ne renonçait qu’à la gestion, mais pas au «secret». Mais ce n’est que le début d’un grand glissement de terrain. La zaouia entre dans une phase de fortes turbulences. Les autorités observent le silence, mais l’opinion publique de différents acabits s’empare des vicissitudes qui secouent la confrérie. Non pas tellement sur le différend qui oppose les deux frères, Mounir et Mouad, mais pour stigmatiser cette culture faite de surréalisme, parée de spiritualité. On mit au plat ce que, d’habitude, on se refusait d’étaler. Les plumes se délient. La confrérie peut-elle tenir à l’âge de raison face à une nouvelle culture qui surgit sur les décombres des grands récits et de la crédulité ?
Par Hassan Aourid
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