Cas inédit jusque-là au Maroc, le parcours de Driss Basri reflète une époque, avec ses bons et -surtout- ses mauvais côtés.
Celui qui définissait sa mission comme le veilleur de nuit, celui qui était informé sur le bourdonnement d’une fourmi dans le coin le plus reculé, selon ses dires, celui qui maitrisait le mouvement des élites et celui des masses, celui qui confectionnait l’imaginaire, par son entremise sur le ministère de l’information, celui, qui grâce à un appareil occulte, fouinait dans la vie de chacun, par l’écoute, la délation, celui qui tenait le pays, qui se définira le jour où il fut contraint de passer le témoin, comme la femme de ménage du gouvernement, était perçu, par une classe bien-pensante, comme le Béria marocain, l’omnipotent ministre de l’Intérieur de Staline, ce personnage public qu’était Basri, était et demeure sujet d’intérêt. D’autres ministres se sont succédé avant lui au ministère de l’Intérieur. Qui s’en soucie, et qui s’en rappelle, Ben Bouchta ? Hamyani ? Chiguer et tant d’autres après lui ? Lui, si. Un cas inédit dans l’histoire du pays. Ce n’était pas le grand vizir, ou le chambellan. Ce n’était pas le décalque du résident général qu’incarnaient les deux hommes forts du pays, sous Hassan II, venant de l’institution militaire, Oufkir et Dlimi. L’homme lige de Hassan II, dira le journal Le Monde. Basri a évolué au sein de la police, mais surtout a surfé sur un contexte marocain particulier, celui du Maroc de la Marche verte. Les deux branches qui ont donné du fil à retordre à Hassan II, étaient en passe d’entrer dans le giron ou être domestiquées, le mouvement national, grâce à la Sainte alliance autour du parachèvement de l’intégrité territoriale, et l’armée qui a désormais la noble tâche de défendre l’intégrité du pays contre les coups de boutoir d’un camp déterminé et revigoré par son idéologie panarabe, et sa manne dont le Polisario n’était que l’interface. En grande partie, la mission de Basri, allait se focaliser sur deux grands dossiers : le Sahara et l’endiguement de l’USFP. Il devait prendre en charge l’imaginaire collectif par le truchement du ministère de l’information et ses deux grands vecteurs, la télé et la MAP.
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Par Hassan Aourid


































