Le guitariste du plus grand groupe de rock, les Rolling Stones, a effectué plusieurs séjours au Maroc, surtout dans les années 1960. Tanger, Marrakech, Fès, Meknès… Au menu : de la musique, des rencontres et des anecdotes pour le moins croustillantes. À la limite du trash !
ÀMarrakech il fait très sec, et quand arrivent les pluies la végétation se déchaîne. Il faisait froid et humide, il y avait souvent du feu dans la cheminée. Et on fumait un max. Notre ami Gibbs avait un grand pot de maâjoun, la sucrerie marocaine à base d’herbe et d’épices. On l’avait acheté à Tanger, on nous avait recommandé un certain M. Verygood, qui fabriquait du maâjoun. Il travaillait à l’usine de confitures locale et nous préparait de la confiture d’abricots spéciale le soir. En chemin, on était passés voir Ahmed à Tanger. Maintenant, les murs de sa boutique étaient couverts de collages des Rolling Stones. Il avait découpé de vieux catalogues de semences et nos visages se détachaient au milieu d’une forêt de jacinthes et de pois de senteur. À l’époque, on pouvait envoyer de la dope par la poste de différentes manières. Pendant deux ou trois ans, Ahmed nous a expédié de grosses quantités de shit dissimulées dans le pied de grands chandeliers. Il a bientôt eu quatre boutiques et des voitures américaines avec des filles au pair norvégiennes qui tombaient dès qu’on ouvrait une portière. Il ne lui arrivait que des choses merveilleuses. Et puis, deux ans après, j’ai appris qu’il était au trou et qu’on lui avait tout pris. Tanger était le rendez-vous des fuyards et des suspects, et tous ces marginaux faisaient semblant de vivre une autre vie. Un jour de ce même voyage, on a avisé sur la plage deux mecs à l’étrange dégaine, en costume comme les Blues Brothers. C’était les terribles jumeaux Kray (Ronnie et Reggie Kray, deux frères londoniens, célèbres dans le milieu du banditisme international dans els années 1950-60, ndlr). Ils traînaient derrière eux un peu de l’ambiance du Southend, mouchoir noué sur la tête et bas de pantalon retroussés. Et au même moment tu lisais dans la presse dans quelles conditions ils avaient assassiné untel et tous ces gens qu’ils avaient cloués au plancher.
Par la rédaction
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