Le Maroc n’a jamais quitté l’Afrique et ne le fera jamais. Et ce n’est pas simplement parce qu’il appartient, territorialement, au continent africain. Compliquée, parfois tumultueuse, traversée de zones d’ombre et de périodes franchement tièdes, la relation du Maroc à l’Afrique n’en est pas moins ancienne, permanente, et finalement belle quoi que l’on en dise. Liés par la religion, la culture, le commerce, l’histoire, le royaume et le continent ont fait un long chemin ensemble. C’est ce chemin, long et parfois agité, que Zamane vous invite à parcourir dans un voyage à travers le temps et l’espace africain.
Les ordres religieux marocains, nés vers le XIIème et le XIIIème siècles sur les côtes ou à l’intérieur des terres, s’étendent en règle générale vers l’est. Du moins jusqu’au XVIème siècle. Mais à partir de cette époque, le soufisme marocain semble diriger son dynamisme vers l’Afrique subsaharienne. Ainsi, si la première expansion confrérique ouest-est a intéressé surtout les régions méditerranéennes, la seconde, en empruntant les réseaux commerciaux sahariens, s’est enfoncée profondément dans le Sahel jusqu’aux bassins du Niger et du fleuve Sénégal et même au-delà. L’activité des ordres soufis est favorisée par leurs emplacements opportuns sur les routes de commerce. Mais également dans les zones de tension. Cela est vrai surtout après l’avènement du pouvoir ottoman au Maghreb. Mais un grand changement survient aussi à la suite des explorations maritimes, avec la montée en puissance des empires occidentaux, qui ont poussé les ordres religieux à se focaliser sur les côtes et sur les villes. Sur la durée, les changements et les évolutions de l’espace marocain, du nord au sud, semblent avoir été toujours sous-tendus par des oppositions entre des forces tribales et des forces religieuses, essentiellement confrériques. L’un des rôles du sultan était justement de faciliter et maintenir un certain équilibre entre ces forces. Ces équilibres ont été altérés par la colonisation.
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