Il a conçu le drapeau algérien, lutté pour l’indépendance de son pays et celle de tout le Maghreb. Mais il a été dénigré de son vivant, avant d’être réhabilité sur le tard… Tel est le destin d’Ahmed Messali, dit Messali El Hadj. Il aura subi toutes les affres que pouvait subir un militant : la prison, l’exil, l’assignation à résidence. Mais la pire était le déni par les siens : il mourut d‘ailleurs loin d’eux, loin de cette terre «qui n’était pas à vendre», en 1974, et ne regagnera la mère-patrie qu’après sa mort. Mais Tlemcen et ses habitants, de bouche-à-oreille, sauront lui réserver des obsèques grandioses…
Avec lui, le dicton «nul n’est prophète en son pays» s’applique à merveille. Incompris de son vivant, il aura eu besoin de temps et de distance pour que son parcours et son combat soient enfin compris et pleinement réhabilités, et surtout parmi les siens. Le premier à avoir sorti Messali de l’oubli est Mohammed Harbi, dans un excellent article dans la collection «Les Africains». Messali a cessé d’être tabou, quand le président Bouteflika a donné son nom à un lieu public. L’homme qui, le premier, a clamé l’unité de l’Afrique du Nord, renaît par les grâces d’un travail de mémoire, aussi bien en Algérie qu’en France. On gagne à le connaître au Maroc, tant sa dimension n’est pas souscrite à son pays et avait porté, sa vie durant, l’idéal maghrébin.






































