Il fut un temps où l’ensemble «maghrébin» n’importait pas les céréales mais les exportait vers les pays de l’autre rive de la Méditerranée. Sous l’empire romain en particulier, cette région du monde, pourtant largement désertique, fournissait à Rome le blé dont elle avait besoin pour nourrir sa population et son armée. Chose difficile à croire aujourd’hui, à voir la succession des années de sécheresse et l’effondrement des récoltes d’une manière fréquente. Le climat était-il plus clément et les précipitations plus régulières? Le fait que la population locale était moins nombreuse à l’époque facilitait-il l’exportation d’une partie de la production agricole ? Ce qui surprend le plus, c’est que ce mythe d’un Maghreb exportateur de céréales est resté ancré dans les esprits jusqu’au début du siècle dernier, quand la France décida de coloniser les anciennes provinces romaines de l’Afrique du nord, d’où elle comptait tirer le blé dont avait besoin la métropole. Mythe colonial dont l’illusion allait bientôt se dissiper… Mais, à remonter l’histoire du Maroc des époques médiévale et moderne, force est de constater qu’en général le pays produisait assez de céréales pour subvenir aux besoins de sa population et que, pendant des années de bonne récolte, on se permettait même d’en exporter. La preuve, ces autorisations d’exporter les grains que les souverains marocains accordaient aux puissances chrétiennes quand ils étaient dans le besoin de numéraire.









































