Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer la vie quotidienne des Marocains sans le thé (atay), tant sa consommation est devenue une pratique ancrée, avec ses rituels et ses codes. Pourtant, son introduction au Maroc serait liée à une volonté de remplacer la consommation d’alcool. Le premier à en bénéficier aurait été un oncle d’un sultan alaouite, gravement malade suite à la consommation excessive d’alcool, et qui aurait retrouvé la santé grâce au thé. L’historien et voyageur Abdelkebir El Fassi relate cette origine dans son ouvrage «Tadhkirat al-Muhsinin», en évoquant le règne du sultan Mohammed ben Abdallah. Il y explique que c’est sous son autorité que le thé s’est répandu dans tout le pays. Le souverain aurait encouragé activement sa diffusion afin de lutter contre la consommation excessive d’alcool, alors très répandue. Selon ce récit, le thé serait ainsi venu remplacer une pratique jugée néfaste, y compris chez certaines élites savantes et religieuses. Le même ouvrage rapporte qu’un des premiers à adopter cette boisson fut Moulay Zidane, fils de Moulay Ismail, alors gouverneur à Safi. Dépendant à l’alcool au point d’en tomber gravement malade, il aurait été soigné par un médecin chrétien qui lui recommanda d’abandonner totalement l’alcool. Incapable de s’en passer, il aurait progressivement remplacé cette habitude par la consommation de thé. Avec le temps, il aurait réussi à s’en libérer et à guérir, illustrant ainsi le rôle symbolique et social que le thé allait avoir au Maroc.









































