Contrairement à certaines croyances, le thème du Mahdi «al-mountadar» (celui qui est attendu) n’appartient pas à la seule tradition chiite, bien qu’elle soit la plus forte. Le thème du mahdisme apparaît en effet de manière plus prégnante dans le chiisme ismaïlite, dit duodécimain, qui postule la croyance dans une chaîne de douze imams : le premier est Ali, cousin et gendre du Prophète. À partir du IXème siècle, avec Mohamed Ibn Ismaïl Ibn Jaâfar as-Sadiq, l’Imamat est l’objet d’un «cycle d’occultation» (ghayba, sitr), censé durer jusqu’à l’apparition du «Mahdi attendu». Celui-ci appartient à la progéniture prophétique (Ahl al-Bayt). Mais la tradition eschatologique du sunnisme connaît elle aussi le thème du «Mahdi». Elle prend comme point de départ un corpus de hadiths dont la validité de transmission ne fait pas l’unanimité des traditionnistes : certains observent que ces textes portent la marque du contexte de l’époque, notamment les enjeux de pouvoir, les guerres civiles et le jihad contre les Byzantins. L’apparition du Mahdi s’inscrit ainsi dans une série de «signes de l’Heure» qu’on pourrait résumer comme suit : la régression de la foi, la corruption des mœurs et des valeurs; des guerres et des troubles ; l’Antéchrist (al-Masih ad-Dajjal, synonyme de faux prophète), qui fera régner l’impureté et la tyrannie ; le Mahdi, descendant du Prophète, qui combattra le paganisme et apportera à l’humanité la justice et la prospérité, etc.






































