La fête du trône, célébrée le 30 juillet, est autant une célébration, où le souverain donne les orientations générales du pays, qu’une occasion de faire le point général sur la santé du royaume. état des lieux.
Vu de l’extérieur, c’est une saison studieuse, et surtout bien remplie, où la politique extérieure du royaume a clairement retenti sur le volet intérieur. En premier lieu, le Mondial 2030, où la saison a été marquée par une série de mesures à grande échelle, entre l’accélération des investissements et le lancement de méga projets : élargissement des réseaux routiers, agrandissement des aéroports, lancement de nouvelles structures d’accueil, etc. Sur le plan diplomatique, deux points essentiels sont à souligner : d’une part la poussée africaine et internationale qui permet au royaume de continuer à gagner du terrain sur le dossier du Sahara marocain (dernière avancée en date : celle du revirement, certes partiel et progressif, de la position l’Afrique du sud, géant continental s’il en est) ; d’autre part le retour à la normale avec la France, concrétisé par une visite historique du président Macron en octobre 2024. À noter aussi que le royaume a su «naviguer» au milieu des crises internationales, en étant peu impacté par les guerres à Gaza, en Ukraine ou en Iran. Le seul point d’achoppement reste la gestion des rapports, toujours compliqués, avec le voisin de l’Est : un serpent de mer, donc…
Sur le plan géostratégique, la saison a confirmé aussi la vocation atlantique du Maroc, dont la nouvelle poussée a été plus que marquante. Concernant le volet intérieur, le royaume semble avoir pris la mesure de l’IA (intelligence artificielle), dont le virage s’annonce important à tous les niveaux, même gouvernemental. L’IA, et plus généralement la politique numérique, méritent une très grande attention. Qu’elle soit utilisée à des fins offensives, ou défensives, de nombreux réglages restent à faire. Et vite. La crise dite de «Jabaroot», un énigmatique réseau de hackers, et qui a déjà touché divers établissements ou domaines réputés inviolables (données bancaires ou patrimoniales), est à prendre au sérieux : elle donne un avant-goût sur les guerres que le royaume devra mener dans le futur proche…
Toujours sur le plan interne, cette fois dans le domaine social et politique, on retiendra la réforme de la Moudawana, qui reste un puissant indicateur sur le réel état de santé du pays, a rencontré de nombreux obstacles, que le gouvernement n’a pas toujours réussi à écarter. Un gouvernement, d’ailleurs, qui est apparu fragile et de plus en plus menacé. Au point que beaucoup attendent déjà les prochaines législatives pour envisager l’après, malgré certaines réalisations du «Maroc social», encore en ballotage : exemple de généralisation de la couverture médicale, un chantier toujours en friche…
À noter, enfin, le retour d’un certain Abdelilah Benkirane, à la tête du PJD. L’avenir nous dira s’il s’agit d’un non-événement… Ou pas !






































