Fès est certainement l’archétype de la vie citadine et du mode urbain au Maroc, par opposition aux sédentaires des hameaux (Ksours, Ighrems, dans les oasis ou le Souss), aux transhumants (Gharb, Chaouia, Rhamna) avec leurs huttes (Nouaïl, Tnaker) ou leurs constructions en pisé (Tabia), sans oublier le Sahara avec ses tentes, sa culture et son éthos. C’est Fès qui a donné le ton au monde urbain et fixé les normes de la vie citadine, éclipsant même Marrakech ; mode que l’on trouve par ailleurs à Salé, Ksar el-Kébir, Safi, à moindre mesure Tétouan, voire dans des petits centres comme Bejaâd (ou Boujad). Mais être Fassi est un état d’esprit, comme le disaient les frères Tharaud, résultat d’un long processus historique. Le Fassi, avec son mode de vie et de pensée, n’est-il pas le creuset de plusieurs apports ? Ne tient-il pas de l’Arabe sa noblesse, de l’Andalous son raffinement, du Kaïrouanais sa dextérité, du Juif son astuce et de l’Amazigh sa ténacité, comme le dit Roger Le Tourneau ? Cet alliage s’est greffé sur des règles contenues, mais impérieuses, qui reposent sur la Qa’ida (norme, règle, tradition) comme dans la culture makhzénienne ou pour une zaouïa, mais aussi sur quelque chose de propre à Fès et qui va irradier sur les centres urbains : ce comportement qu’on rend par Swab (la correction).








































