La communauté d’artistes est en deuil après la disparition de Mohamed Hamidi, à l’âge de 84 ans. L’œuvre laissée par ce peintre de renom est connue de tous. Musées, galeries, critiques, écrivains et artistes se sont penchés sur son travail avec tant d’intérêt. C’est parce qu’il s’est d’abord affranchi d’un regard colonial sur l’art en fondant le collectif «école de Casablanca» aux côtés de grands noms comme Belkahia, Chabaâ et Melehi. Depuis l’exposition collective de Jamaâ El Fna à Marrakech, en 1969, Hamidi s’est distingué par une recherche audacieuse sur une chromatique claire et pénétrante dans des formes érotiques. Une démarche moderne qui portait un autre regard sur des objets, des substances et un héritage rural, traversé par des ouvertures sur des figures africaines. Lauréat de l’école des beaux-arts de Paris en 1964, l’artiste peintre s’inscrivait également dans la transmission puisqu’il était enseignant à l’école des beaux-arts de Casablanca. Il a également signé plusieurs couvertures de la revue «Souffles» et participé, en 1981, à la fameuse expérience de l’hôpital psychiatrique de Berrechid avec plusieurs artistes et intellectuels, convaincus de la délivrance de l’art. Une grande perte.






































