Tout au long de son histoire, le Maroc a sans cesse été victime de sécheresses désastreuses qui pouvaient ébranler l’économie et la société, et même l’État quand l’agriculture, principal support de l’économie, faisait faillite. Résultat : des épisodes de famine et des épisodes de chaos total.
Les pays de la zone dite aride ou semi-aride comme le Maroc ne pouvaient échapper aux aléas d’un climat capricieux marqué par le manque de pluie et l’inconstance des précipitations. Avec de lourdes conséquences, entre épisodes de famines, d’épidémies, mais aussi de chaos tant social que politique. Le XVIème siècle s’ouvre avec une sécheresse et une famine exceptionnelles. En effet, la famine des années 1521-1523 est restée longtemps inscrite dans les mémoires. Peut-être qu’elle n’était pas la plus sévère et que si les historiens en parlent, c’est juste parce qu’elle est mieux documentée grâce aux sources portugaises contemporaines, surtout pour les plaines atlantiques où la ville de Mazagan (El Jadida) abritait une forte garnison portugaise. Selon les écrits portugais de l’époque, la misère dans la région des Doukkala, pourtant considérée comme le grenier du Maroc, fut sévère. Si sévère que «des parents vendaient leurs enfants pour l’équivalent de quelques mesures de grain. Le prix de l’homme atteint un taux dérisoire. Devant la pléthore, les acheteurs font les difficiles, ne veulent que des jeunes filles ou des jeunes femmes. B. Rodrigues qui s’est laissé attendrir et a acheté un jeune homme à son frère pour trois testons (ancienne unité monétaire, ndlr), se fait tancer par son compagnon : pour ce prix on avait environ un décilitre de blé ! Le pain qu’il mangerait valait plus que lui». Des crises de cette nature étaient évidemment porteuses de reculs démographiques et de dépopulations importantes.
Par Mohamed El Mansour
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