À Madrid, le dossier du Sahara occidental vient de connaître un nouvel épisode révélateur des rapports de force diplomatiques à l’œuvre dans la région. Les 8 et 9 février 2026, sous l’impulsion des États-Unis, une réunion discrète a réuni autour de la même table le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. Une configuration rare, destinée à relancer un processus politique enlisé depuis des années.
De ces deux jours de discussions, un élément essentiel se dégage : le plan d’autonomie marocain s’impose désormais comme la référence centrale des pourparlers. Une version actualisée et détaillée du projet, forte d’une quarantaine de pages, a été présentée comme le seul véritable document technique examiné par les participants. Les propositions alternatives, longtemps défendues par Alger et le Polisario, n’ont pas bénéficié de la même attention.
Cette évolution n’est pas anodine. Elle prolonge la dynamique engagée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en octobre 2025, qui avait déjà consacré l’initiative marocaine comme base « sérieuse et crédible » pour une solution politique négociée. En parrainant la rencontre de Madrid, Washington confirme son rôle moteur dans ce dossier stratégique pour la stabilité du Maghreb. Les discussions ont surtout porté sur des questions concrètes : architecture institutionnelle, compétences régionales, garanties politiques et mécanismes économiques. Un comité d’experts devrait être constitué pour approfondir ces aspects avant une nouvelle échéance prévue en mai prochain à Washington.
Si le climat a été jugé constructif, les tensions restent palpables. Le refus de la délégation algérienne de figurer sur une photo commune rappelle combien ce dossier demeure sensible. Mais, au-delà des gestes symboliques, une réalité s’impose : pour la première fois, le débat international autour du Sahara semble se structurer quasi exclusivement autour de l’option de l’autonomie marocaine.









































